Équateur

De l’écrivain Rocío Durán-Barba

Règlement de compte sur papier

 

 

Équateur

De la escritora Rocío Durán-Barba

Ajuste de cuentas por escrito 

 

 

 

Dans sa préface érudite à l’ouvrage, Jean-Luc Despax le décrit comme une « fantaisie », un habit qui lui va fort bien.

Pour l’auteur d’origine équatorienne, le dossier à charge contre Michaux est lourd. Projetant son propre mal-être sur tout ce qui l’entourait, Michaux fit un portrait désastreux et malsain du pays, dans un livre intitulé Ecuador. Le problème est que l’ouvrage est devenu célèbre, formant une sorte de référence dès que le mot « Equateur » est prononcé. Nous avons déjà eu l’occasion de dire dans une récente recension ce que nous pensions du livre de Michaux, et de la pauvreté de son « œuvre », dont la notoriété demeure pour nous une énigme (l’explication de cette notoriété fournie par Rocío Durán-Barba dans son ouvrage n’est pas pour nous déplaire).

 

En su erudito prefacio a la novela, Jean-Luc Despax la califica como una "fantasía", descripción que le va muy bien.

La escritora, de origen ecuatoriano, tiene graves cargos contra Michaux. Proyectando su propio malestar en relación a todo lo que le rodeaba, Michaux hizo un retrato desastroso y malsano del país en un libro que publicó con el título de Ecuador. El problema es que dicho libro se hizo famoso, y se transformó en una especie de referencia en cuanto se pronuncia la palabra "Ecuador". En un artículo reciente ya tuvimos la ocasión de señalar lo que pensamos del libro de Michaux, y de la pobreza de su "obra", cuya notoriedad sigue siendo un enigma para nosotros (la explicación de esta notoriedad proporcionada por la escritora Rocío Durán-Barba en su novela no deja de ser de nuestro agrado).

 

 

L’écrivain Rocío Durán-Barba entourée de Mme. María de la Paz Donoso, Ambassadrice de l'Équateur en France (au micro), et du Professeur Jean-Luc Despax, Président de P.E.N. Club de Paris, et de Sylvestre Clancier Vice-Président de l'Academie Mallarmé., lors du lancement du livre le 6 Octobre 2016 à la Maison de l’Amérique Latine de Paris.

 

Dès lors, Rocío Durán-Barba a choisi de confronter personnellement Michaux et son texte, en l’enlevant, le séquestrant, le mettant en cause et lui rendant coup pour coup par son regard très différent, sinon opposé. On ne peut s’empêcher de penser au film « Le Magnifique » de Philippe de Broca, avec un Jean-Paul Belmondo écrivain et à la mémorable scène où Jean Lefebvre, habillé en électricien sur une plage, est mitraillé par l’écrivain agacé par ses retards.

 

Así, la escritora Rocío Durán-Barba ha decidido confrontar personalmente a Michaux y su texto, secuestrándolo, aprisionándolo, encarándolo y devolviéndole golpe por golpe con una manera de mirar al mundo muy diferente. Lo cual hace pensar en la película "Le Magnifique", de Philippe de Broca, con Jean-Paul Belmondo en el rol de escritor; en la memorable escena en la que Jean Lefebvre, vestido de electricista en una playa, es ametrallado por el escritor molesto por sus retrasos.

 

 

 

Le roman de Rocío Durán-Barba est empli de bonne humeur et d’humour. Son style et son vocabulaire sont précis, comme les touches de peinture de la couverture du livre, composant de belles images et formules qui marquent l’esprit. A la sinistrose de Michaux, l’auteur oppose la joie du monde, et nous surprend en nous faisant découvrir de multiples facettes de son pays (Qui sait que le célèbre « Panama » est en fait un chapeau équatorien, et que Riobamba est la sultane des Andes ?). Parfois, dans sa relation au monde moderne, l’auteur se dévoile par ses réflexions, pour un temps, avant de revenir à la trame de son texte. Les maisons, les demeures, jouent un rôle important, leurs transformations continuelles sont les reflets des turpitudes mentales des personnages. Procureur averti, l’auteur fait un rappel au poète équatorien et ami de Michaux, Alfredo Gangotena, piste que les lecteurs curieux pourront suivre afin de mieux comprendre Michaux et ses actions.

Le meilleur compliment que l’on puisse payer au livre de Rocío Durán-Barba, c’est que, contrairement à celui de Michaux, il donne grandement envie de découvrir l’Equateur.

 

Voir nos précédents articles sur Rocío Durán-Barba dans la rubrique « La Française du Mois » du numéro 17, et sur le livre Ecuador de Henry Michaux dans la rubrique « Un Livre/Un Auteur » du  numéro 16.

Équateur, Rocío Durán-Barba, éditions Allpamanda, 264 pages, 15 euros.

 

La novela de la escritora Rocío Durán-Barba es lleno de imaginación, gracia y de humor. El estilo y vocabulario son precisos, tales como los trazos de la pintura de la tapa del libro, formando hermosas imágenes, y fórmulas que llegan al espíritu. Al pesimismo de Michaux, la autora opone la alegría del mundo, y nos sorprende al hacernos descubrir múltiples facetas de su país (¿Quién sabe que el famoso "Panamá" es en realidad un sombrero de Ecuador; y que Riobamba es la Sultana de los Andes?). La escritora revela, además, reflexiones importantes con relación al mundo moderno, antes de volver a la trama de su relato. Casas y habitaciones  tienen un rol importante en el texto, y sus continuas transformaciones son reflejos de las acciones y tribulaciones mentales de los personajes. En honor a la justicia, también hace referencia al poeta ecuatoriano y amigo de Michaux, Alfredo Gangotena, una pista que los lectores curiosos pueden seguir para comprender mejor Michaux y sus acciones.

El mejor cumplido que podemos hacer a la novela de la escritora Rocío Durán-Barba es que, contrariamente a Michaux, da mucho deseo de descubrir Ecuador.

 

Véase también nuestros artículos anteriores sobre la Dra. Rocío Durán-Barba en "La Française du Mois" del número 17, y el libro Ecuador de Henry Michaux en "Un Livre/Un Auteur" del número 16.

Équateur, Rocío Durán-Barba, éditions Allpamanda, 264 pages, 15 euros.